Egalité, j’oublie ton nom….

De quoi l’égalité est-elle véritablement le nom ? Je ne parle pas ici de l’égalité de droits entre les citoyens mais du combat relativement récent de plus en plus d’individus vivant dans des sociétés dites développées contre les inégalités économiques et démocratiques.

Je m’interroge sur les fondements de ces nouveaux mouvements contestant les méfaits et les excès (avérés) de la mondialisation. Ce questionnement n’enlève rien à la pertinence du constat ou la justesse du combat. Sans entrer dans le contenu de leurs revendications, je me demande si l’individualisme n’est pas le moteur (principal pour les uns, peut-être même unique pour d’autres) de cette indignation. N’est-ce d’ailleurs pas ce point qui les distingue de ceux qui les ont précédés dans le combat contre la mondialisation (les mouvements altermondialistes) ?

Le mouvement Occupy wall street aux États-Unis, comme celui des indignés en Europe et en Amérique du sud, ont scandé le slogan « we are the 99% ». Le vrai génie de ce mot de ralliement est d’avoir révélé au plus grand nombre qu’ils seraient du mauvais côté de la richesse économique, qu’ils seraient les perdants de la mondialisation, les exclus de la réussite. Ce slogan a placé le curseur entre gagnants et perdants sur un nouvel axe ultra-mobilisateur.

Statistiquement, ce constat n’est pas faux. Mais selon moi, il met surtout en lumière la part prépondérante de l’individualisme de la contestation. Ainsi, suivant ce raisonnement (assez simplificateur, je vous l’accorde), nous pourrions nous demander si les personnes qui revendiquent farouchement une égalité économique seraient aussi mobilisées s’ils faisaient partie de l’autre camp ? Tout serait donc relatif ? Le cas des 99% est évidemment peu représentatif.

En d’autres termes, je me demande donc si les gens luttent pour le principe de l’égalité, c’est-à-dire pour l’établissement d’une société plus égalitaire, ou contre l’inégalité dont ils seraient personnellement les victimes… L’individualisme deviendrait alors un trait de caractère bien partagé puisque ceux qui se situeraient « au-dessus de l’égalité » (dont les ressources seraient supérieures à la moyenne) auraient la tentation d’ailleurs. En France, les jeunes les plus privilégiés ne penseraient qu’à leur liberté de s’exiler (cf. la récente lettre de Clara au Président de la République). Point à relativiser toutefois car il s’agit moins d’une vérité générale que d’une légère tendance de fond (cf. le mouvement barrez-vous), révélant un nouveau symptôme de l’individualisme de nos sociétés.

Difficile dans ces conditions de construire une société qui repose sur la solidarité… A cet égard, des trois mots de la devise française, la fraternité arrive en dernière position. Dommage !

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