Pour une politique de solidarité

Je vous souhaite à toutes et tous une excellente année 2013. Le premier jour ce l’année commence avec une tribune d’Edgar Morin dans Le Monde. Je ne reviens pas ici sur la forme ou le style narratif de M. Morin qui peut susciter interrogation chez certains, mais sur le fond. Dans sa tribune, il revient sur les idées qu’il développe depuis quelques années (note : nous avions déjà évoqué La voie, l’un de ses derniers ouvrages sur ce blog).

Il parle de l’incapacité de nos dirigeants à remettre en cause leur matrice intellectuelle, à penser le monde tel qu’il est (ou qu’il devient) et non plus tel qu’il a été (ou tel qu’il devrait être), à proposer un juste diagnostic et des solutions concrètes pour répondre aux enjeux de notre temps/de notre monde. Il tente d’expliquer cette léthargie politique par un manque de volonté collective de se remettre en cause et de prendre du recul ou de la hauteur. Nous ne prendrions pas conscience de notre erreur principale de sous-estimer l’erreur et nous nous rassurerions dans nos illusions.

Sa tribune ressemble à un nouvel appel au Président de la République, avec lequel il s’était entretenu dans les colonnes du Monde lors de la campagne 2012 pour discuter de leurs visions de la gauche, du progrès et du pouvoir. Edgar Morin écrit : « Notre président de gauche d’une France de droite ne peut ni retomber dans les illusions de la vieille gauche, ni perdre toute substance en se recentrant vers la droite. Il est condamné à un « en avant ». Mais cela nécessite une profonde réforme de la vision des choses, c’est-à-dire de la structure de pensée. Cela suppose, à partir d’un diagnostic pertinent, d’indiquer une ligne, une voie, un dessein qui rassemble, harmonise et symphonise entre elles les grandes réformes qui ouvriraient la voie nouvelle. »

Après avoir partagé son avis – plutôt très positif – sur deux réformes en cours menées par Vincent Peillon (recrutement de 6000 enseignants supplémentaires, introduction d’un cours de morale laïque), Edgar Morin propose une réflexion que nous pourrions qualifier de « solidariste »  : « Nous sommes dans une civilisation où se sont dégradées les anciennes solidarités, où la logique égocentrique s’est surdéveloppée et où la logique du « nous » collectif s’est « sous-développée ». C’est pourquoi, outre l’éducation, une grande politique de solidarité devrait être développée, comportant le service civique de solidarité de la jeunesse, garçons et filles, et l’instauration de maisons de solidarité vouées à secourir les détresses et les solitudes. Ainsi, nous pouvons voir qu’un des impératifs politiques est de tout faire pour développer conjointement ce qui apparaît comme antagoniste aux esprits binaires : l’autonomie individuelle et l’insertion communautaire. »

Je partage ce point. Et contrairement à un « pacte de solidarité », une « politique de solidarité » constitue une ligne directrice globale et cohérente permettant de définir des priorités à court, moyen et long terme. C’est la raison pour laquelle, après l’éducation et les politiques intérieures, il ne faut surtout pas oublier la politique des affaires étrangères (et notamment la défense et le renforcement d’une solidarité européenne) et redonner une place plus importante à la politique environnementale (solidarité avec notre écosystème et les générations futures). Bref, une politique de solidarité construite principalement sur la base de 4 E et 1 S : Éducation, Environnement, Europe, Économie et Société.

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