Le Parti Socialiste est-il devenu Obamaniaque ?

Après de premières primaires « ouvertes et citoyennes » réussies (au regard du nombre de votants), François Hollande et le Parti Socialiste partent à la conquête de la Maison Élyséenne. D’inspiration américaine, le système des primaires permets aux partis de désigner leur candidat. Il a également permis au PS de monopoliser l’attention des médias et de ses opposants politiques pendant quelques semaines à 7 mois de l’élection présidentielle. Certains ont relevé que ce type de dispositif appauvrissait la campagne présidentielle du premier tour en réduisant l’offre politique possible pour les électeurs, allant à l’encontre de l’esprit de la Ve République. Souhaitable ou non, ce n’est pas tout à fait faux. Le pragmatisme anglo-saxon l’aurait t-il emporté sur les passions françaises ?

Tirant les leçons des précédentes élections présidentielles, le PS a souhaité organiser le parti et ses alliés autour d’un programme, d’une personnalité, d’une chance. Rassembler pour convaincre et vaincre, tel est le pari du parti. En ligne de mire, seule la victoire compte. A l’image d’une Amérique ayant soufflé un élan de changement en plaçant M. Obama à sa tête, les socialistes français rêvent du même destin. Attention toutefois à ne pas considérer la primaire comme une victoire en soi. Romano Prodi et ses partisans peuvent en être témoins. Tout triomphalisme prématuré (même mesuré) renforcerait un sentiment de défiance.

A l’instar des primaires, pour construire leur campagne, les socialistes s’inspirent délibérément de la campagne démocrate d’Obama. Pour preuve, le Laboratoire des idées du PS (que nous n’avons pas beaucoup entendu lors des débats des primaires – probablement par souci de neutralité…) conseille de construire une politique de mobilisation des militants au sein d’une note publiée en octobre 2010 et intitulée « Frapper aux portes – ou comment mobiliser pour les prochaines élections.

Les auteurs de la note (Guillaume Liegey, Arthur Muller et Vincent Pons) proposent au PS de réduire le taux d’abstention par la mobilisation des militants considérant qu’il est plus judicieux de convaincre ses électeurs/sympathisants de ne pas s’abstenir que de tenter de persuader les indécis et les électeurs/sympathisants de l’autre camp de voter pour soi. Dans ce cadre, la technique du porte-à-porte reste probablement la plus adaptée à l’objectif et à la sociologie du corps électoral. Et quid des réseaux sociaux ? Ces derniers seraient utilisés principalement à destination des militants (dont le nombre à mobiliser serait estimé à 160 000), et non du grand public. Le web devient ainsi une plate-forme de mobilisation et plus seulement un outil de communication. Mais le PS n’est évidemment pas le seul sur le créneau. Mais avant de mobiliser, le PS doit encore rassembler autour de la candidature Hollande.

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