L’Institut Montaigne refuse l’invitation de l’UMP

Vous l’aurez certainement remarqué, la très grande majorité des think tanks et des cercles de réflexion d’inspiration libérale a accepté l’invitation de l’UMP à « siéger » au sein de son Conseil des think tanks. Manque pourtant à l’appel, un Institut de poids : L’Institut Montaigne. Perturbé récemment par quelques tensions internes au sujet de sa gouvernance et de sa direction, l’Institut Montaigne a souhaité réaffirmer son indépendance totale à l’égard des partis politiques. Son nouveau directeur général, Laurent Bigorgne, l’a d’ailleurs expliqué il y a quelques jours au Monde que son Institut « n’a pas vocation à participer à une opération menée par un parti politique. Si M.Copé nous invite à débattre d’un sujet, nous irons volontiers, mais nous ne pouvons pas être intégrés dans un conseil ».

En vue de la préparation des programmes de campagne pour la présidentielle de 2012, l’Institut Montaigne la joue franc-tireur. Pourquoi pas finalement ! Ainsi, deux stratégies se dessinent : la première consiste à penser que l’influence se jouera d’abord au sein de l’appareil politique. Il apparaît alors intéressant de se trouver dans les rouages du parti, quitte à perdre un peu d’indépendance. Mais le jeu en vaut sans doute la chandelle au regard des finances parfois fragiles des think tanks français. Je ne parle pas ici des clubs politiques qui, pour leur part, se doivent d’être présent pour exister et faire exister leur figure tutélaire. La seconde stratégie tend à prendre le contre pied de ce mouvement. Affichant indépendance, cette stratégie peut se révéler payante à condition d’avoir les reins solides. Le timing et l’agenda médiatiques joueront un rôle central dans la visibilité des think tanks ces 16 prochains mois et dans leur potentiel développement ensuite. Pour exister, il faudra publier et être audible.

La réflexion de l’IM aura surtout le loisir de construire ses propres thèmes de campagne s’il le souhaite et les mettre à disposition des candidats. Pour le moment, Jean-François Copé et Bruno Le Maire ont choisi de faire « plancher » les clubs et think tanks de leur conseil sur trois axes : le courage (réflexions sur les 35h certainement ou sur la dette publique), le rassemblement (dont les questions relatives à la sécurité et à la laïcité) et l’ouverture au monde (incluant l’éducation et les relations internationales). Prochain rendez-vous mi-mars pour le premier point d’étape.


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