La transparence : personnalité de l’année 2010 ?

Après un long moment de silence (convalescence), je reprends le blog pour parler du thème qui semble avoir agité notre année 2010 : la société de la transparence. J’avais déjà évoqué sa version politico-administrative suite à la publication de l’essai de Martin Hirsch sur les conflits d’intérêts en France. Place à sa version diplomatique et géopolitique. L’affaire Wikileaks a pulvérisé un dogme : le secret diplomatique. Sur ses décombres, nombreux ont été les observateurs à s’interroger sur le bien-fondé de la démarche menée par Julian Assange. Mais qu’en pensent les think tanks français spécialisés dans les relations internationales ?

De son côté, l’IFRI de Thierry de Montbrial n’a pas consacré de notes ou de publications ad hoc  à l’évènement mais l’a largement commenté depuis le début du mois de décembre sur les ondes de France Culture et dans les colonnes de grands journaux. Dans La Tribune du 03 décembre, Tomas Gomart (directeur du développement stratégique) analyse « la fuite en avant de wikileaks ». Il note surtout que « Parallèlement, Wikileaks a imposé une transformation de la chaîne de valeur de l’information globale, en faisant de cinq journaux prestigieux des sous-traitants. » Il conclut sa prise de parole par une mise en garde envers les acteurs du web qui ignoreraient les vertus du monopole de la violence légitime des états. Il pose les fondations de la position de l’IFRI sur le sujet. Dominique Moïsi (Conseiller spécial) ajoute dans sa tribune aux Echos que « Sur le plan éthique il est dangereux de confondre le légitime souci de transparence avec la violation d’une forme de secret qui demeure nécessaire à l’action diplomatique » Enfin, Philippe Moreau-Defarges (chercheur et codirecteur du RAMSES) s’accorde sur le fond avec ses collègues mais adopte une position plus large en expliquant qu’« Une société sans secrets serait une société épouvantable. La société de la transparence serait une société tyrannique et gênante »

L’IRIS de Pascal Boniface a également commenté l’affaire dans la presse mais a surtout publié récemment une note de l’Observatoire géostratégique de l’information sous la direction de mon ami François-Bernard Huyghe intitulée : « Fuite d’information : l’art et la technique » dont je vous recommande la lecture. Cette note n’a pas pour ambition de commenter ou d’analyser davantage l’affaire dans ses détails et son contenu mais de la regarder sous des angles différents. En effet la fuite de l’information ne concerne pas le cercle diplomatique mais peut intervenir au sein d’enjeux économiques.

Je n’ai pas noté de publications particulières au sein du CERI et de la Fondation pour la Recherche Stratégique sur le sujet. Il y  bien évidemment d’autres groupes de réflexions stratégiques en France mais j’ai limité mon observation aux quatre principales.

En résumé, l’affaire Wikileaks agite bien plus le milieu médiatique et son éthique que le milieu des think tanks et son expertise. Le contenu révélé ne semble d’ailleurs pas surprendre les milieux initiés. Si ce thème n’a pas constitué un nouveau chantier de publications pour les think tanks français, l’affaire wikileaks leur a permis de mesurer leur légitimité de commentateur dans les médias.

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