Un prix qui fait débat…

Jeudi 2 décembre, le Club de l’Horloge remettra son prix Lyssenko 2010 à Jean Jouzel et Nicolas Hulot pour leur contribution au débat sur le réchauffement climatique. Jusque là, tout semble aller sans heurts. Notons toutefois que le prix Lyssenko (du nom d’un scientifique propagandiste soviétique) est décerné chaque année à une personnalité qui selon le Club de l’horloge a « par ses écrits ou par ses actes, apporté une contribution exemplaire à la désinformation en matière scientifique ou historique, avec des méthodes et arguments idéologiques. » Tout un programme…

Parmi les anciens lauréats de ce prix polémique créé en 1990, nous retrouvons des personnalités issus de diverses spécialités scientifiques comme Albert Jacquart, Jean-Noël Jeanneney, Robert Badinter, John K. Galbraith, Pierre Bourdieu, Gilles Kepel, Daniel Cohn-Bendit, Elisabeth Roudinesco, Bernard Maris ou encore Eric Besson et Gérard Noiriel.

Pour rappel, le club de l’horloge est un cercle de réflexion créé en 1974 par Henri de Lesquen (président de Radio Courtoisie) et très proche des milieux de la droite conservatrice et de l’extrême droite. Le club et ses fondateurs se revendiquent du national-libéralisme (dont Bruno Mégret a porté l’étendard politique). Donc, un club de réflexion que nous classerions facilement à droite de la droite par ses prises de position et ses initiatives. Ils constituent le trait d’union entre une droite parlementaire conservatrice et l’extrême droite. D’ailleurs, le club appelle régulièrement à une union de la droite incluant le Front National. C’est dans le cadre de ce club que le concept politique et programmatique de « préférence nationale » semble avoir été théorisé.

Le prix Lyssenko est donc une parodie, un canular à l’humour incertain. Dans ce blog, j’essaie de regarder le sujet de l’innovation politique sous un regard neutre. Toutefois, je dois avouer, par transparence envers vous, que je ne partage pas les idées proposées par ce club. Cela ne m’empêche pas d’en parler et d’ouvrir le débat. Ma question est de savoir aujourd’hui si ce prix dont la mission est le dénigrement d’une personnalité ne devient pas un véritable trophée pour ses lauréats… En effet, devenir « l’ennemi numéro 1 » de son ennemi n’est il pas un gage de réassurance sur la validité de son combat ?

Le prix a le mérite notoire de créer de la polémique et du débat. Nous ne reviendrons pas sur la qualité et le contenu de ce débat, notamment lorsque cela touche l’intégrité de certaines personnes (Cf. le procès gagné par Elisabeth Roudinesco). Concluons que le club de l’horloge porte une voix particulière au sein du paysage politique français. Que l’on veuille ou non l’entendre, avec ses références doctrinaires et son corpus idéologique, le Club apparaît comme une source d’innovation politique pérenne.

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