La société de la transparence

Dans son dernier ouvrage « Pour en finir avec les conflits d’intérêts« , Martin Hirsch s’élève contre un système politique et économique vicié à tous les niveaux. Aux détours de petits règlements de compte personnels (bien humains ma foi et qui donnent au livre une occasion de médiatisation), l’auteur capte bien l’une des évolutions de notre société actuelle fondée sur le soupçon…

Il explore ainsi par des cas concrets les conséquences de ces conflits d’intérêts « coûteux » (souvenez-vous des vaccins achetés pour prévenir la grippe A) lorsqu’ils ne sont pas « mortels » (affaire du sang contaminé). A la manière des publications de think tanks, Martin Hirsch partage avec son lecteur quelques pistes, quelques recommandations pour prévenir ces conflits d’intérêts. Nous pourrions le trouver un peu donneur de leçons mais est-ce réellement un problème ?

Dans tous les cas, ce livre nous amène à nous interroger sur l’évolution de notre société médiatique vers une société de la transparence. Une transparence fondée sur l’immédiateté de l’information et l’explosion des nouveaux usages de communication. Pour être légitime, il faudrait être transparent. Pour être acceptable, il faudrait être transparent. Pour être accepté, il faudrait être transparent… Faisons attention de ne pas tomber dans la dictature de la transparence.

Concernant les think tanks français, le chemin me paraît encore un peu long. En effet, la transparence budgétaire me semble constituer la première étape d’une démarche responsable lorsque l’on produit des idées pour les autres (et surtout pour tous et dans l’intérêt général si possible). Si les think tanks sont légions à mettre en ligne leurs position papers et autres rapports, ils sont malheureusement moins nombreux à publier un véritable rapport d’activité chaque année.

Saluons tout de même les initiatives de la Fondation Jean Jaurès ou de l‘Institut Montaigne sur leur site web respectif. Notons surtout les rapports d’activités publiés tous les ans par l’IFRI ou l’IDDRI. Quid des cercles et autres clubs de pensée qui fleurissent auprès des politiques au gré des élections ? Quid des grandes fondations médiatiques qui n’affichent pas leurs comptes ? L’ère du soupçon nous gagne mais dans une communauté [les think tanks] qui nourrit fantasmes et autres théories du complot, un peu de transparence ne peut pas faire de mal.

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  1. La transparence : personnalité de l’année 2010 ? « THINK TWICE - 22 décembre 2010
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