La commission Attali peut elle être considérée comme un think tank ?

Je profite de ce blog pour répondre à une question que l’on m’a posée récemment : la commission pour la libération de la croissance française (dite commission Attali) peut-elle être considérée comme un think tank ? Pour rappel, la commission Attali a été lancée par le président de la République en 2007. elle a remis son premier rapport « 316 décisions pour changer la France » le 23 janvier 2008. Deux ans plus tard, Nicolas Sarkozy a demandé à Jacques Attali de reprendre les travaux de la commission avec le même objectif (formulation de mesures concrètes pour développer la croissance) en gardant un cap : celui de l’équilibre des finances publiques.

La semaine dernière, la commission a remis son second rapport « une ambition pour 10 ans ». Au sein de cette commission ad hoc, nous retrouvons de nombreuses personnalités proches des think tanks comme Philippe AGHION, Claude BEBEAR, Christian de BOISSIEU ou encore Geoffroy ROUX DE BEZIEUX. Son rapporteur général adjoint, M. Pierre HELLBRONN, vient par ailleurs d’être nommé secrétaire général adjoint du secrétariat général des affaires européennes (SGAE). Il aura la mission de moderniser sa structure…

Mais revenons à notre question initiale, cette commission est-elle un think tank ? Sur le sujet, ma réponse que je soumets à la discussion reste tranchée : Non. Non d’une part, parce que cette commission n’est pas une organisation permanente. Elle organise ces travaux en fonction d’une lettre de mission. Nous pourrions considérer qu’il y a eu la commission Attali I et la commission Attali II (Aurons-nous le droit à une trilogie ?) Non d’autre part, parce cette commission n’est pas indépendante. En effet, son existence dépend de la volonté du prince. Ses réflexions lui appartiennent mais sa constitution n’a pas été « libre ».

Ce petit article me permet surtout de revenir succinctement, exemple à l’appui, sur ce qu’est un think tank à mes yeux. Évidemment, cela n’empêche pas la commission de produire de l’innovation politique. Même si une lecture, peut être un peu trop rapide du second rapport, révèlerait qu’il s’agit davantage d’une mise en perspective d’idées déjà avancées par d’autres (ex : le retour de la taxe carbone).

Comme le premier opus, ce rapport déclenchera certainement de vifs débats au sein de la classe politique car M. Attali a pris une nouvelle fois le soin de truffer son document de mesures « clivantes » comme le gel du point d’indice des salaires des fonctionnaires pour les trois fonctions publiques et l’extension à la fonction publique territoriale de la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Encore du grain à moudre pour le gouvernement en ces temps agités…

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